18/03/2011
Hymne aux vielles dames et femmes "courage"
En sillonnant le canton , au cours de mes permanences, au marché, au coin des rues, en visite au domicile de l'une ou l'autre, que d'échanges avec des dames âgées .
Des existences souvent passionnantes. Elles ont vécu les années de guerre, sont effarées par le tourbillon du progrès, par les voitures qui foncent, les scooters qui déboulent, le prix de la vie, "le manque de respect et la paresse des jeunes", l'invasion de nos espaces par les crottes de chien. Souvent elles tiennent à bout de bras un mari gravement malade proche de la mort.
Parfois elles surfent sur Internet, si, si cela existe, sont esclaves de leurs enfants quadragénaires dont elles gardent les enfants( leurs petits-enfants quoi !), ou cuisinent pour leur descendance chaque jour de la semaine. S'enferment à triple tour dès la tombée de la nuit, jardinent, sont téléphages. Elles ont du temps à revendre mais pas question de prendre les repas avec 10 minutes de retard.
Parfois agressives, " mettez-nous des commerces en bas de chez nous" "Ah mais on veut pas de passage de camions dans notre rue hein !"
Non, je ne vais pas leur rappeler que les commerces sont livrés par des camions, que le progrès permet à leurs enfants de les appeler à tous moments grâce au téléphone portable. Chut,pas un mot, pas de leçon à donner ,seulement écouter, questionner. La plupart adorent se raconter et moi je les adore tout court.
Bon allez ! Pas toujours, j'ai quand même un peu de mal quand elles me racontent les horaires de travail de leur fille ou le menu du diner d'anniversaire de la cousine de la copine de leur petite-fille. Mais il suffit de réorienter la conversation pour découvrir les trésors qu'elles ont en elles. Curieusement: le récit des bobos et des maladies m' a toujours intéressée. C'est une source d'enseignement sur les vacheries que peut nous faire la nature et sur l'inventivité des hommes en matière de médecine et de chirurgie. C'est absolument fascinant.
Eh oui Mesdames, ne vous excusez plus de m'avoir parlé longuement de votre santé ou de celle de votre époux, vous m'avez instruite.
Elles m'attendrissent aussi. Chacune possède une immense richesse, pas un récit de vie qui ne m'ait captivée.
Avec le temps, j'ai aussi appris à décrypter les souffrances qui se cachent derrière certaines méchancetés à la "Tatie Danielle", l'infernale Mamie du film d'Eric Chatiliez.
Ce 17 mars cela fait deux ans que ma Mère adorée a quitté ce monde, sans doute est-ce pour cela que ces jours-ci je les trouve encore plus touchantes les vieilles dames du Neuhof, elles sont vivantes et précieuses. Elles sont notre histoire, nos racines. Elles me rappellent ma petite Maman.
Pour finir, je voudrais tirer mon chapeau à celles qui sortent toute l'année pomponnées, rouge à lèvres, rose aux joues et joliment coiffée, même quand elles marchent avec des cannes, ont besoin de 15mn pour enfiler collants et chaussures, qu'elles ont mal partout, diabétiques ou dyalisées, elles veulent rester élégantes. Admirable ! Je me demande parfois si j'en serai capable.
À bientôt
Pascale Jurdant Pfeiffer
06:29 Publié dans Billet d'Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
Facebook




Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.pascalejurdantpfeiffer.com/trackback/3148727
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.